• Œuvre de miséricorde : consoler le malheureux.

    Vendredi 4 mars

    Aujourd'hui, découvrons Mère Skobtsov, un destin chaotique qui au contact des malheureux est devenu lumineux.

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    Figure spirituelle

    C’est au bord de la Baltique, dans une famille aisée de la bourgeoisie russe, que naît, en 1891, Elizabeth Pilenko. Lisa est très intelligente et réussit brillamment ses études. C’est une jeune intellectuelle progressiste qui aime les discussions interminables et... la poésie. En 1910 elle se marie, mais se sépare trois ans plus tard de son mari. Elle commence alors des cours de théologie et, suite à une brève liaison, a un enfant. En 1917, elle adhère au parti socialiste-révolutionnaire, mais se trouve vite débordée par le bolchevisme. Rentrée dans la propriété de ses parents en Crimée, elle tombe amoureuse d’un jeune officier cosaque, l’épouse et finit par fuir avec lui la Russie et la révolution. Après un long et douloureux périple, au cours duquel elle accouche de deux enfants, la famille arrive à Paris en 1923. Une vie difficile commence, marquée par la pauvreté et les privations. Atteinte d’une méningite, la petite Anastasia meurt en 1926 après une douloureuse agonie au cours de laquelle Lisa a la révélation de Dieu : elle parlera même d’une « visitation » Un an après, les époux se séparent et Lisa retrouve l’Église orthodoxe dans laquelle elle va s’investir  entièrement. Elle entre dans une organisation russe créée pour venir en aide aux nombreux immigrés. Le désir du don de soi et du sacrifice total grandit... la pensée qu’elle est une épée dans la main de Dieu ne la quitte plus. En 1932, après avoir divorcé, elle prend l’habit monastique dans l’église Saint-Serge et devient Mère Marie. Sans un sou elle fonde alors, avenue de Saxe, un accueil pour femmes sans famille. La maison étant devenue trop petite, elle s’installe en 1934 rue de Lourmel. Cete vaste maison délabrée devient un haut lieu de l’orthodoxie d’avant-guerre, dans lequel elle accueille sans relâche les plus pauvres, les plus affamés, les plus exclus. Mère Marie se démène pour nourrir son monde. Son programme est simple : « vaincre la démesure du mal par l’amour et le bien sans mesure ». Son engagement est total, quasi sans limites. Il lui arrive de rester des jours entiers sans manger ni dormir. Dès 1940, Lourmel accueille les premiers russes juifs. Les certificats de faux baptêmes sont établis sans compter par le Père Dimitri. En 1943, la Gestapo débarque rue de Lourmel et arrête tous les occupants. D’abord retenue à Romainville, Mère Marie est envoyée à Ravensbrück en 1943. Celles qui l’auront côtoyée dans cet enfer en garderont un souvenir extraordinaire. C’est au cœur de cet univers que Mère Marie débute son ascension spirituelle, dans laquelle son inaltérable bonté s’épanouit ; sans relâche, elle encourage, convertit, console, édifie. En proie aux multiples privations, elle résiste et soutient le moral de ses compagnes. En 1945, alors que le débarquement a eu lieu, elle se joint volontairement aux sélectionnées du jour pour la chambre à gaz, accompagnant ainsi une détenue pétrifiée par la peur. Elle meurt à la veille de Pâques. Sophie de Villeneuve

     

    Le mot de François

     

    "Nous avons besoin de chrétiens qui rendent visible aux hommes d’aujourd’hui la miséricorde de Dieu, sa tendresse pour chaque créature. Nous savons tous que la crise de l’humanité contemporaine n’est pas superficielle, elle est profonde. C’est pourquoi la nouvelle évangélisation, alors qu’elle appelle à avoir le courage d’aller à contre-courant, de se débarrasser des idoles pour se convertir à l’unique vrai Dieu, ne peut qu’utiliser le langage de la miséricorde, fait de gestes et d’attitudes avant même que de mots. L’Église au milieu de l’humanité d’aujourd’hui dit : « Venez à Jésus, vous tous qui êtes fatigués et opprimés, et vous trouverez le repos pour vos âmes »"

     

    Une prière

    Seigneur, donne-moi toutes les personnes qui sont seules… J’ai ressenti dans mon cœur le désir passionné qui a envahi le tien, devant l’état d’abandon dans lequel est plongé le monde entier. Je ressens de l’amour pour chacun de ceux qui sont malades et isolés. Qui viendra les consoler quand ils pleurent ? Qui leur montrera de la compassion quand ils meurent à petit feu ? Qui recevra sur son cœur les cœurs désespérés ? Ô mon Dieu, accorde-moi la grâce d’être dans le monde un sacrement tangible de ton amour ; laisse-moi être tes bras, pour étreindre sur mon cœur toute la solitude du monde et pour la réchauffer au feu de l’amour.

    « Œuvres de miséricorde corporelle « J’étais malade et tu m’as visité. » (Mt 25, 36) La Miséricorde vue par l'humanitaire »

19.03.2013