• Les dons du Saint Esprit 4e jour : Le don de science

    4e jour : Le don de science  

     

     

    Pape François : « Un jour, j’étais à la campagne, et une personne simple, qui aimait beaucoup les fleurs et les cultivait, m’a dit : « nous devons protéger les belles choses que Dieu nous a données. La création est faite pour nous, pour que nous en profitions bien, et non pour que nous l’exploitions. Parce que Dieu pardonne toujours, l’homme parfois, mais la création ne pardonne jamais : si tu ne la protèges pas, elle te détruira »
    « Quand on parle de science, on pense tout de suite à la capacité qu’a l’homme de connaître toujours mieux la réalité qui l’entoure et de découvrir les lois qui régissent la nature et l’univers. Mais la science qui vient de l’Esprit Saint ne se limite pas à la connaissance humaine : c’est un don spécial qui nous porte à saisir, à travers la création, la grandeur et l’amour de Dieu, et sa relation profonde avec chaque créature  »

    La science est un don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et nous connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu.

    La vraie science, ce n’est pas de tout connaître ni d’avoir réponse à tout. Dieu seul est omniscient. La science que l’Esprit Saint nous donne est réaliste ; elle grandit nos efforts. C’est le fait de savoir exactement ce qu’on doit faire ici et maintenant, au moment présent, afin de plaire à Dieu, de Le contenter, comme disait sainte Thérèse d’Avila, dans la situation, l’état et la vie concrète où je me trouve. Savoir ce que Dieu me demande. C’est tout le réalisme extraordinaire des saints. Je sors de mon moi, de ma niche pour être bien à mon travail ou mon devoir d’état. La vie se simplifie, devient forte, et réaliste. Après la résurrection de la fille de Jaïre, alors que tous les témoins s’étonnent et s’agitent, Jésus dit : « Donnez-lui à manger. »
    Pour quelqu’un qui va passer des examens, c’est prendre une heure de détente puis cinq minutes pour dire une dizaine de chapelet à genoux, afin de pouvoir donner ensuite le maximum : c’est cela le don de science. Se ramasser pour donner force, qualité, sobriété, intensité.

    C’est le sens de l’aujourd’hui. Donne-nous « aujourd’hui » notre pain de chaque jour, disons-nous dans le Notre Père. Voilà ce qu’on demande, car ce que le Seigneur nous donne aujourd’hui, Il nous le donnera encore demain. C’est tout le réalisme de la foi !
    Par ce don précieux la vérité apparaît à l'âme, elle connaît ce que Dieu demande et ce qu'il réprouve, ce qu'elle doit rechercher et ce qu'elle doit fuir. Sans la science divine notre vue court le risque de s'égarer, à cause des ténèbres qui trop souvent obscurcissent en tout ou en partie l'intelligence de l'homme.
    Ces ténèbres proviennent d'abord
    - de notre propre fonds qui porte des traces trop réelles de la déchéance ;
    - elles ont encore pour cause les préjugés et les maximes du monde qui faussent tous les jours les esprits que l'on croirait les plus droits ;
    - enfin l'action de Satan, qui est le Prince des ténèbres, s'exerce en grande partie dans le but d’entourer notre âme d'obscurités, ou de l'égarer à l'aide de fausses lueurs.

    La foi qui nous a été infusée dans le baptême est la lumière de notre âme. Par le don de science, l'Esprit Saint fait produire à cette vertu des rayons assez vifs pour dissiper toutes nos ténèbres. Les doutes alors s'éclaircissent, l'erreur s'évanouit, et la vérité apparaît dans tout son éclat. On voit chaque chose dans son véritable jour, qui est le jour de la foi. On découvre les déplorables erreurs qui ont cours dans le monde, qui séduisent un si grand nombre d'âmes, et dont peut-être on a été soi-même longtemps la victime.

    L'Esprit de science, comme Salomon a dit, c’est : «Augmenter la science, c'est augmenter la douleur » (Ec 1,18). La véritable science, en effet, consiste à savoir que nous sommes mortels, faibles et fragiles, et que, dans cet exil, dans cette prison, dans ce pèlerinage, dans cette vallée de larmes, nous devons souffrir et pleurer.

    Le don de science nous révèle la fin que Dieu s'est proposée dans la création, cette fin hors de laquelle les êtres ne sauraient trouver ni le bien ni le repos. Il nous apprend l'usage que nous devons faire des créatures, qui nous ont été données, non pour nous être un écueil, mais pour nous aider dans notre marche vers Dieu. Le secret de la vie nous étant ainsi manifesté, notre route devient sûre, nous n'hésitons plus, et nous nous sentons disposés à nous retirer de toute voie qui ne nous conduirait pas au but. C'est cette science, don de l'Esprit Saint, que l'apôtre a en vue lorsque, parlant aux chrétiens, il leur dit : « Autrefois vous étiez ténèbres; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur: marchez désormais comme les fils de la lumière» (Ep 5,8).
    De là viennent cette fermeté, cette assurance de la conduite chrétienne. « Le Seigneur conduit le juste par les voies droites, et pour assurer ses pas il lui a donné la science des saints » (Sg 10,10).
    Chaque jour cette leçon est donnée. Le chrétien, au moyen de la lumière surnaturelle, échappe à tous les dangers, et s'il n'a pas l'expérience personnelle, il a l'expérience de Dieu.

    Obstacle : C’est de revenir sans cesse sur le passé. Il faut purifier la mémoire sans ressasser toujours les même choses. D’autres, plus jeunes, peuvent se projeter dans un avenir lointain, irréel, se déconnecter dans un rêve. Ce réalisme découle de l’Incarnation. L’Eternel s’est fait Jésus de Nazareth : « Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin. »

    Deux moyens pour grandir dans ce don :
    - La prière du matin : brève, mais intense, pour se recueillir en présence de Dieu, Lui offrir la journée, le travail, les imprévus. Et demander la force, la lumière et la sagesse de l’Esprit Saint. Puis un “Notre Père“, un “Je vous salue“ et la consécration. Tout mettre dans la main de Dieu : Quel réalisme ! Et quel élan avant de commencer la journée.
    - Savoir tirer une leçon de ses difficultés et échecs. Savoir tirer un plus de quelque chose qui a été moins. C’est tout l’art de Dieu : du péché des hommes, il en a tiré plus d’amour.

    Soyez béni, divin Esprit, pour cette lumière que vous répandez en nous. Ne permettez pas que nous en cherchions jamais une autre. Elle seule nous suffit ; hors d'elle il n'y a que ténèbres. Il nous faut donc l'amour de cette science que vous nous avez donnée pour que nous soyons sauvés; l'ennemi de nos âmes la jalouse en nous, cette science salutaire; il voudrait y substituer ses ombres.
    Que, selon la parole de Jésus, notre œil soit simple, afin que tout notre corps, c'est-à-dire l'ensemble de nos actes, de nos désirs et de nos pensées, soit dans la lumière (Mt 6,23).
    Sauvez-nous de cet œil que Jésus appelle mauvais, et qui rend ténébreux le corps tout entier. Demandons ce don de Science avec Marie, les apôtres, les femmes au Cénacle et les enfants.



    Travail et synthèse : Jocelyne Genton
    Source : Don Prosper Guéranger et Père Bernard Michon

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19.03.2013