• L’adoration : Pourquoi ? Comment faire ?

    Adoration pour la vie le lundi  et le SamediL’adoration : Pourquoi ? Comment faire ?

    L’adoration du Saint-Sacrement occupe désormais une place importante dans la vie de l’Eglise et dans celle de notre paroisse. Que signifie cette prière devant l’hostie consacrée ? Que dire, que faire pendant l’adoration ?

    L’adoration eucharistique est avant tout une prière, semblable aux autres formes de prière. Elle présente toutefois la particularité de nous faire prier devant le Saint-Sacrement, généralement exposé, pour l’adorer, adorer Dieu. Mais qu’est-ce qu’adorer ? « Adorer Dieu, c’est le reconnaître comme Dieu, comme le créateur et le Sauveur, le Seigneur et le maître de tout ce qui existe, l’Amour infini et miséricordieux. » (catéchisme de l’Eglise Catholique n° 2096).

    Adorer Dieu : le reconnaître

    L’adoration nous tourne d’abord vers Dieu, et non pas vers nous-mêmes. Elle est en cela pédagogique : elle va à l’encontre d’un défaut fréquent de notre prière, comme de notre lecture de la Bible. Nous avons souvent tendance à nous centrer sur notre personne. L’adoration est une invitation à nous décentrer, à prendre du temps pour penser plus au Christ qu’à nous-mêmes.

    Le but est de nous laisser remplir de Dieu. C’est une invitation à nous prosterner devant Dieu, devant tout ce qu’il est, sa grandeur, la grandeur de son amour, que nous reconnaissons. C’est finalement considérer Dieu, le regarder tel qu’il est, et se réjouir de ce qu’il est Dieu. Dieu est, cela suffit !

    Pourquoi passer ainsi du temps à adorer Dieu, à le reconnaître comme Dieu ? Ce n’est pas un culte dont Dieu aurait besoin, qui lui ferait du bien… C’est nous qui en avons besoin. Une des prières de la messe nous le fait comprendre (la quatrième préface commune) : « Tu n’as pas besoin de notre louange, et pourtant c’est toi qui nous inspires de te rendre grâce : nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi, par le Christ, notre Seigneur. » Si nous nous reconnaissons petits devant celui qui est grand, il peut nous fait grandir en lui, en nous unissant à lui. En adorant, nous venons trouver en lui la vraie solidité, la source de notre vie, la vie tout simplement.

    Prier devant le Saint-Sacrement

    L’adoration eucharistique est une prière devant le Saint-Sacrement, cela oriente notre façon de prier ! Car le lien entre l’adoration et la messe est évident, et essentiel. L’hostie devant laquelle nous prions a nécessairement été consacrée au cours d’une messe. Ceci n’est pas qu’une évidence pratique… Le sens de l’adoration en découle. L’adoration découle de la messe, qui est la source et le sommet de toute la vie chrétienne, elle la prolonge, et elle conduit à la messe, tend vers la communion. La messe est irremplaçable. Deux adorations ne remplacent pas une messe… D’ailleurs, la première adoration eucharistique a lieu pendant la messe : à la consécration, à la communion.

    Quand on parle de l’eucharistie et des hosties consacrées on parle de la présence réelle du Christ. L’expression est juste. La présence eucharistique est la présence par excellence du Christ. Ainsi, reconnaître le Christ dans l’eucharistie nous conduit et nous aide à le reconnaître dans nos frères. Mais il ne s’agit pas d’une présence statique du Christ. Il ne s’agit pas seulement de regarder Jésus qui est là (même si c’est déjà énorme !). Le catéchisme de l’Eglise catholique (n° 1380) nous dit que : « Dans sa présence eucharistique, Il reste mystérieusement au milieu de nous comme celui qui nous a aimés et qui s’est livré pour nous, et Il le reste sous les signes qui expriment et communiquent cet amour. » L’adoration eucharistique nous conduit à contempler le Christ qui nous a aimés, nous a donné sa vie, « qui s’est livré pour nous  ». Nous reconnaissons, dans l’hostie que nous regardons, le Christ offert en sacrifice, le Christ qui nous donne sa vie sur la croix, qui nous aime jusque là, jusqu’au bout. Nous contemplons le Christ présent dans son offrande.

    Prier avec le regard

    L’adoration est une prière qui utilise un signe sensible, visible : le Saint-Sacrement que l’on regarde. C’est une aide pour la prière. Souvent, ce qui nous manque le plus, dans notre prière et dans notre lecture de la Parole de Dieu, c’est la contemplation, le regard. Regarder Dieu, et pas notre nombril… L’adoration nous invite à cela, à poser – d’abord physiquement – notre regard sur le Christ qui s’offre à nous. Et notre regard est soutenu par notre écoute : l’adoration doit toujours être soutenue par la lecture de la Parole de Dieu.

    L’adoration nous invite à ouvrir les yeux, et les yeux du cœur, pour regarder l’amour de Dieu. Et aussi, pourquoi pas, à nous laisser regarder, nous laisser aimer. Nous pouvons nous souvenir de la rencontre du jeune homme riche de l’Evangile avec Jésus : « Jésus posa son regard sur lui et l’aima  » (Mc 10, 21), et nous laisser regarder par le Christ… Comme on se laisse bronzer par le soleil… Nous laisser aimer… Et répondre à cet amour par notre prière, confiante.

    Que dire, que faire ?

    Le temps de silence de l’adoration peut parfois paraître long… Le rituel officiel nous donne des indications : « En s’attardant auprès du Christ Seigneur, ils (les fidèles) jouissent de son intime familiarité, et, devant lui, ils épanchent leur cœur pour eux-mêmes et pour tous les leurs, ils prient pour la paix et pour le salut du monde. »

    Dans l’adoration, nous pouvons donc prier pour nous-mêmes et pour les autres. Mais pas dès le début… Cela vient dans un second temps, comme un fruit de cette « intime familiarité  »… après avoir pris le temps de nous poser, de poser nos valises, de nous tourner intérieurement vers le Christ, pour qu’il puisse nous remplir de lui-même. La Parole de Dieu est là pour nous aider, le chant aussi, dans sa beauté. En réponse à l’amour contemplé, nous pouvons dire tout notre amour pour le Seigneur, et lui confier le monde.

    Bien sûr, dans l’adoration comme dans toute prière, on n’échappe pas aux distractions. Il ne faut pas les dramatiser… Certaines distractions peuvent être intégrées à notre prière (tel souci à offrir, telle personne à confier…). Bien souvent, il faut simplement revenir au sujet de notre prière en écartant calmement la distraction, sans s’énerver. Si, malgré nos efforts, notre temps d’adoration a surtout été rempli de distractions, il suffit d’offrir à Dieu cette pauvreté. L’essentiel est d’avoir eu la volonté de prier, d’avoir été présent, d’avoir offert du temps. Le désir de prier est déjà une belle prière à offrir…

    Et après ?

    Lisons encore le rituel : « Par cette prière devant le Christ Seigneur présent dans le sacrement, ils (les fidèles) prolongent l’union obtenue avec lui dans la communion et renouvellent cet engagement qui les pousse à pratiquer par toute leur vie ce que la célébration de l’eucharistie leur a fait saisir par la foi et le sacrement.  »

    Dans son encyclique sur l’espérance (Spe Salvi, n° 28), Benoît XVI parle de l’être pour du Christ. Le Christ est pour tous, il est tout entier donné, livré. Le pape ajoute que notre union, notre communion avec le Christ nous engage dans cet être pour, nous engage à être nous-mêmes tournés vers les autres, donnés aux autres. L’intimité avec le Christ vécue à la messe, et prolongée dans l’adoration, nous invite à vivre ce que vit le Christ, à aimer comme il aime, à vivre en témoins du Christ, témoins de cet amour que nous avons reçu et contemplé. L’adoration n’est donc pas un temps égoïste et douillet, même si c’est un temps où l’on vient recevoir. Dans une perspective chrétienne, ce qu’on reçoit est toujours destiné à être donné !

     

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19.03.2013