• Comment lâcher prise?

    Sœur Marie David nous invite à vivre le Carême d'une façon nouvelle, en lâchant nos "entêtements".

     

    Il faut reconnaître ce qui est vraiment en jeu dans nos vies et que le temps de Carême permet de mettre à jour : le Carême est un temps de labeur, un combat contre tout ce qui, au-dedans de nous, retient la Vie, tout ce qui en nous refuse le don de la Vie, tout ce qui nous prive de la Vie chaque fois que nous croyons pouvoir nous la donner à nous-mêmes par nos propres efforts, par nos propres privations, par notre volonté de «faire» et de savoir faire. Il appelle chacun de nous à un travail intérieur.

    Il ne s'agit pas de vouloir changer à toute force, ni moi-même ni encore moins les autres. Il s'agit de consentir à bouger au-dedans de moi, à me laisser déloger de mes forteresses intérieures par l'Esprit de Dieu qui me conduit au désert pour nous libérer. Et il est souvent terrible de consentir, de lâcher prise !

    Dès les origines de la vie monastique, les moines ont décelé avec finesse spirituelle et psychologique, en quoi consiste le combat spirituel. Il est dur, souvent violent. Le Patriarche Athénagoras (1) l'exprimait si bien : «La guerre la plus dure à mener est la guerre contre soi-même.» Le combat intérieur est la racine de tous les combats de nos frères les hommes ; c'est en cela que nous partageons réellement les luttes et les espoirs de ce monde.

    Ce combat consiste à lutter contre ce que la tradition monastique appelle les «pensées», c'est-à-dire toutes les cogitations qui tournent dans tous les sens dans notre tête, nous tiraillent, nous durcissent ou nous dispersent. Saint Benoît en parle dans son traité sur l'humilité.

    Tout commence par une "pensée" qui, progressivement , devient envahissante et nous gagne tout entier dans notre esprit et dans notre cœur. C'est ce qui est décrit dans le récit biblique de la Genèse au chapitre 3: le serpent se glisse dans l'oreille, il y insinue une pensée - pensée qui est un mélange de vrai et de faux- : de vrai car car Dieu a bien donné un interdit : "Tu ne mangeras pas de l' arbre qui est au milieu du jardin", mais le serpent y insinue du faux : "Alors, comme ça! Dieu vous a interdit de manger de tous les arbres du jardin." Tout l'art du Malin est là, il déforme et fait  interpréter la réalité  et il nous jette dans la violence du soupçon et de la jalousie.

     

     

    « Œuvre de miséricorde : vêtir les malheureux.Les œuvres de miséricorde : l’expérience de la prison »

19.03.2013